En décembre on a participé à un colloque autour de l’aquaponie en France, trop de bonheur! (vidéo ici!)

Le cadre de La Canourgue est absolument sublime, pour ceux qui ne connaissent pas les Cévennes, c’est à couper le souffle. Un facteur qui nous a bien aidé à nous détacher pour quelques heures de la préoccupation de notre serre, pour nous livrer complètement à ce moment d’échange.

Journées de rencontre APIVA sur le site de La Canourgue.

APIVA = AquaPonie : Innovation Végétale et Aquaculture.

Pour comprendre et avoir les liens :

APIVA réunit divers acteurs de la recherche et du développement (ITAVI, INRACIRAD, ASTREDHOR…) et de l’éducation (EPLEFPA La Canourgue).

L’idée était de montrer l’état d’avancement des recherches faîtes en France sur ce sujet depuis près de deux ans par les 3 sites du projet : le RATHO, la Canourgue et PEIMA.

On s’est donc retrouvés dans la Lozère, entourés de porteurs de projets, de profs, stagiaires du Lycée Louis Pasteur la Canourgue, et d’une soixantaine de passionnées d’aquaponie.

En plus d’écouter de visiter et d’apprendre énormément des intervenants, certains porteurs de projet invités ont eu droit à un petit temps de présentation pour échanger sur leur expérience. Même nous, en hydroponie pourtant, avons fait une petite intervention pour présenter les Sourciers aux invités, on espère sincèrement avoir pu motiver des gens à se lancer dans le projet de leurs rêves.

On y a évidemment retrouvé des copains comme Greg d’aquaponie.net et les Aquaprimeur avec qui on a collaboré sur le projet d’agriculture urbaine à Belleville.

On a pu visiter les bassins et toute la partie pisciculture qui existe déjà depuis très longtemps, mais ce qui est nouveau c’est le recyclage des déchets organiques des poissons pour alimenter une serre de fruits et légumes qui est toute nouvelle. D’après ce que j’ai compris, l’idée c’est vraiment de faire un maximum de recherches afin de pouvoir optimiser le circuit indépendant de l’aquaponie. C’est à dire nourrir les plantes exclusivement des déchets des poissons sans ajouter d’intrants minéraux mais c’est très complexe car les poissons ne produisent pas tous les nutriments nécessaires au bon développement d’une plante. D’ailleurs on observe actuellement pendant notre « tour du monde de l’hydroponie » que la plupart des fermes aquaponiques font un hybride hydro/aquaponie afin de ne pas avoir de carences.

Sur les 16 éléments indispensables à la plante ; le fer, le calcium et le potassium sont généralement ceux qui doivent être ajoutés à l’eau des plantes pour éviter les carences. Ils peuvent aussi être apporté en pulvérisation foliaire sous forme minérale ou de chélates directement sur la partie aérienne des plantes.

Un autre défi de l’aquaponie c’est de stabiliser le pH.

En hydroponie le pH idéal des plantes est situé entre 5,5 et 6,5.

En aquaponie un pH trop acide endommage le développement des bactéries qui préfèrent un pH de 7,5 à 8,2 et donc freine l’activité de nitrification. Le problème si la nitrification ralentie est que les composés ammoniacaux vont s’accumuler et intoxiquer les poissons.

Pour trouver un compromis entre le bon développement des plantes, celui des bactéries et le bien être des poisson on cherche donc un pH stable situé entre 6,5 et 7,0.

Pour tamponner le pH on peut par exemple ajouter du KHCO3 (bicarbonate de potassium) et/ou du CaCO3 (carbonate de calcium) qui en plus de stabiliser l’acidité de l’eau, apporte des nutriments (calcium et potassium dans cet exemple) aux plantes.

Sur le site de La Canourgue on peut observer 2 pilotes complémentaires : un système recirculé qui existe depuis 2000 puis adaptée en 2013 à l’horticulture qui fonctionne en eau froide, et une station aquaponique qui a été créée en 2015 avec une eau chaude.

Des suivi et des mesures sont réalisés tous les jours sur l’eau, les poissons, les plantes puis un tableau comparatif des 2 pilotes est effectué pour tirer des conclusions. Ces expériences sont vraiment intéressantes pour tous les professionnels, comme nous en hydroponie, qui sommes tellement prit par la production/vente quotidienne que nous n’avons presque plus la possibilité d’effectuer des tests pour améliorer nos techniques de culture. Malgré notre certitude que nous sommes loin d’avoir terminé de faire des découvertes intéressantes pour améliorer la technique de culture!

Pour résumer : un beau moment, le projet APIVA répond parfaitement à sa mission de diffuser la connaissance.

Si tu es porteur de projet ou passionné d’aquaponie, ne manque pas leur prochain colloque. Il sera organisé sur un autre de leur site, tu peux les suivre sur leur site wordpress pour connaître la date en avant première, car les places sont limitées!

Si nos petites plantes nous le permettent, nous on y sera 😀