Le fourrage vert : l’essentiel à savoir

Conserve bocaux

Le fourrage vert est une notion à connaître en élevage et en agriculture durable. Utilisé depuis des siècles pour nourrir les animaux, il est au cœur des préoccupations des éleveurs soucieux de qualité alimentaire, de respect de l’environnement et bien sûr de rentabilité.

Mais en fait, c’est quoi ? Comment on utilise ce fameux fourrage vert ? Pourquoi certains agriculteurs en produisent aujourd’hui en hydroponieGo, petit tour d’horizon de ce qu’il faut savoir !

Disclaimer : on n’est pas des pros du fourrage vert chez les Sourciers, mais c’est un mode de culture qu’on trouve intéressant donc on avait envie d’en parler sur le blog.

#1 – Qu’est-ce que le fourrage vert ?

Le fourrage vert, c’est l’ensemble des plantes herbacées récoltées fraîches et entières et destinées à l’alimentation des animaux herbivores (vaches, moutons…) Il est donc consommé frais comme tout bon mojito : soit directement au pâturage, soit coupé et distribué vert (et dans ce cas, pour conserver sa richesse nutritionnelle, il faut le donner aux animaux rapidement après récolte).

Si comme moi, tu n’y connais pas grand chose en élevage, je reviens rapidement sur quelques mots qu’on entend souvent sans trop savoir à quoi ça correspond : 

> 🌱 Le fourrage vert : c’est l’herbe fraîche.

> 🌾 Le foin : c’est du fourrage, mais sec.

> 🍥 L’ensilage : c’est du fourrage fermenté, conservé en silo ou en balles enrubannées.

> 🚜 Et la paille ? Ce n’est pas du fourrage, les animaux ne la mangent pas vraiment… Quand ils le font, c’est par ennui ou parce-qu’ils n’ont rien d’autres à se mettre sous la dent. C’est ce qui reste de la plante après la récolte des graines, ça n’a pas d’intérêt nutritionnel et en élevage c’est surtout utilisé comme litière.

Ok, revenons à notre fourrage vert !

Il peut être constitué de :

      • Prairies naturelles ou semées
      • Légumineuses fourragères telles que luzerne, trèfle, vesce…
      • Céréales immatures comme l’avoine, le seigle, l’orge…
      • Plantes fourragères annuelles ou vivaces (ray-grass, dactyle, fétuque…)

Cette diversité permet d’adapter la ration selon les besoins nutritionnels des animaux, leur santé (problème respiratoire par exemple) et les conditions climatiques de la zone d’élevage.

#2 – Pourquoi utiliser du fourrage vert ?

Sa valeur nutritionnelle élevée

Riche en protéines, vitamines A et E, minéraux et fibres digestibles… Il favorise la santé des animaux et donc améliore la qualité du lait et de la viande.

Le bien-être animal

Il permet de diversifier les rations, de limiter le recours aux concentrés et surtout d’offrir une alimentation naturelle aux animaux. Il est aussi une solution à certains problèmes de santé (maladie respiratoire par exemple). 

L’autonomie alimentaire

Produire son fourrage vert contribue à réduire les achats de fourrage et de concentrés. C’est une solution économique et stratégique. On ne dépend plus (ou moins) d’autres fournisseurs et transporteurs. 

tunnel de fourrage vert

L’installation de Mattias, qui fait pousser son fourrage vert en hydroponie et sous tunnel. Je présente plus en détail ce qu’il fait dans la vidéo ci-dessous ou bien sur Youtube directement ici

#3 – Fourrage vert et hydroponie

Aaaah enfin, on parle d’hydroponie ! 😆 Bon, si tu es ici, tu connais sans doute déjà un peu le sujet MAIS allé, je refais un petit topo pour le plaisir !

La culture hydroponique du fourrage vert consiste à faire pousser des céréales (généralement orge, blé ou maïs) sans terre, sur des supports comme des plateaux par exemple, grâce à de l’eau enrichie en nutriments. Le fourrage est récolté jeune, après 6 à 10 jours de pousse, sous forme de tapis de jeunes pousses qu’on donne ensuite aux animaux. Imagine comme ça doit être doux et croquant ! Ça ressemble (en version XXL) à nos barquettes de micropousses !

Loin d’être un simple gadget, l’hydroponie c’est ici une solution technique intéressante pour plusieurs raisons :

      • 🌱 Produire toute l’année, quelles que soient les conditions climatiques : dans les régions arides, désertiques ou en période de sécheresse prolongée, il est difficile de maintenir des prairies ou des cultures fourragères. Grâce à l’hydroponie, on peut produire du fourrage frais en environnement contrôlé (à l’intérieur de bâtiments par exemple) indépendamment du climat extérieur.

      • 💧 Économiser l’eau : la culture en hydroponique consomme environ 90 % d’eau en moins que la culture de fourrage en pleine terre. L’eau utilisée est récupérée et recyclée, ce qui en fait une solution idéale pour les zones arides.

      • 📦 Maximiser la production sur une petite surface : on peut produire plusieurs tonnes de fourrage vert par an sur quelques dizaines de m², en empilant des plateaux ou en utilisant des systèmes verticaux. Sans être dépendant des aléas climatiques, ni même du changement de saison.

      • 🐄 Fournir un aliment vivant, riche et digestible : le fourrage hydroponique est bien digestible et très appétent pour les animaux (en tout cas, ils ont l’air de kiffer). Il contient de jeunes pousses riches en protéines, enzymes, vitamines et minéraux et en plus, pas de gaspillage, il est consommé en entier (pousses + racines + graines germées). On peut encore une fois faire le lien avec les micropousses que nous consommons et qui sont des petites bombes de vitamines aux milles et une qualités nutritives. Oui, oui, je me répète mais bon, j’avoue j’adore ça ! Je te renvoie à cette étude, qui fait le lien entre l’état général des animaux, leur performance, leur engraissement et leur alimentation (fourrage vert ou fourrage traditionnel).

🎥 Il y a quelques années, nous avions rencontré Matias, agriculteur argentin, qui testait la production de fourrage vert. J’en avais profité pour faire une vidéo de son système de production !

#4 – Limites de cette technique en hydroponie

Comme on le disait en intro, on n’est pas des pros du fourrage vert. Néanmoins, c’est un sujet intéressant donc on a cogité un peu dessus et on a identifié quelques limites :

    • D’abord, on manque de recherches récentes sur le sujet, 
    • L’investissement initial de l’installation, couplé aux coûts énergétiques, semble important et peut représenter un frein économique conséquent,
    • C’est une méthode qui n’est pas forcément adaptée à tous les types d’élevages (plutôt les petits ruminants que les gros). À titre d’exemple, pour un cheval nourri exclusivement au fourrage vert, il faudrait prévoir 10 kg par jour, c’est… beaucoup ! 🤯
    • C’est un aliment très riche pour les bêtes et ça peut avoir des conséquences sur leur santé (riche c’est bien, trop riche c’est bof, comme souvent la clé c’est l’équilibre).
    • La rentabilité ne se trouve qu’en zone aride ou insulaire. Dans les régions où l’herbe est abondante toute l’année, la technique n’a pas d’intérêt (yes, merci Captain Obvious 🦸‍♂️).

#5 – Ressources pour aller plus loin

Si tu veux approfondir tes recherches sur le sujet, voici quelques ressources qui me paraissent pertinentes :

  • « Produire des fourrages de qualité«  de Christian Huyghe et Jean-Pierre Jouvenot (Éditions France Agricole)
  • “Hydroponic Fodder Production: A Practical Guide” de J.E Ornelas
  • La Chaine Youtube de Mehdi du Maroc
  • Et cette vidéo bonus, pour l’effet waouh du fourrage vert !
    Marion Sarlé, maraîchère et formatrice en hydroponie

    MARION

    Maraîchère et formatrice en hydroponie

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